Conditions de semis et impacts sur l’émergence
5 juin 2026L’objectif principal au printemps est de réaliser les semis au moment opportun. La gestion du risque fait donc partie intégrante des décisions agronomiques, et le semis constitue un levier clé à évaluer avec rigueur.
Le semis hâtif comporte toutefois des risques importants, notamment en lien avec la température du sol. Lorsque celle-ci demeure inférieure à la normale après l’implantation, la germination et l’émergence peuvent être retardées, parfois de plusieurs semaines. Cette année, dans la région de Saint-Hyacinthe, les températures nocturnes sont demeurées sous les 10 °C entre le 27 avril et le 16 mai, à l’exception d’une seule nuit, créant des conditions peu favorables au démarrage des cultures.
Dans ces conditions, les semences ont absorbé de l’eau froide lors de leur réhydratation, ce qui peut endommager les membranes cellulaires et entraîner des désordres métaboliques affectant la germination. Plusieurs situations ont été observées : certains grains ont germé sans parvenir à émerger, provoquant l’ouverture des feuilles sous la surface du sol; d’autres ont simplement initié une racine sans poursuivre leur développement; enfin, certains plants ont émergé partiellement avant de dépérir par manque d’énergie.
Les semences positionnées avec le germe orienté vers le fond du sillon se sont révélées particulièrement vulnérables. En conditions normales, cette orientation provoque un léger retard d’émergence d’environ deux jours. Toutefois, en sol froid, ce délai peut s’allonger et augmenter les risques d’avortement ou d’épuisement des réserves énergétiques avant l’émergence.
Par ailleurs, certaines conditions physiques du sol, comme la formation d’une croûte en surface ou un travail de sol intensif visant à incorporer les résidus de culture, peuvent également nuire à la qualité de l’émergence. Ces facteurs contribuent fréquemment à une levée inégale, à des manques sur le rang et, dans certains cas, à une réduction significative de la population.
En somme, lorsque la température du sol se maintient sous 10 °C pendant plusieurs jours après le semis, la germination est ralentie et l’émergence retardée. Ce délai accroît le risque d’épuisement des réserves de la semence avant qu’elle n’atteigne la surface, ce qui peut entraîner des pertes de population importantes.




Semences positionnées avec le germe orienté vers le fond du sillon affecté par l’absorption d’eau froide
Basé sur le tableau 3-17 de la publication agronomie 811 du guide agronomique de l’OMAFRA, il est rarement rentable et efficace de resemer un champ de maïs.

Dans cette grille, un semis début mai avec une population levée de 22 500 plants/acre à un potentiel de 95 % du rendement optimum.
Un resemis à la fin mai avec une population levée de 30 000 plants/acre présente un potentiel de rendement inférieur, soit 91 % du rendement optimum. Le seuil de resemis se situe à environ 20 000 plants/acre. Sans considération des coûts d’intervention.
Si l’option de resemis est envisagée, privilégier l’option de semis de soya à la fin mai et début juin. Il sera plus facile de gérer le désherbage du maïs existant.
Source :
https://www.agry.purdue.edu/ext/corn/news/timeless/CornReplant.html
Guide agronomique des grandes cultures, Publication 811 2002.
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Pascal Larose agr.
Chef de produits et agronomie
Québec et Maritimes
Semences Maizex
